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Dominique Dyens

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Logo du blog Les jardins d'HélèneLes jardins d'Hélène - Mars 2011


Site: Les jardins d'Hélène

Intuitions de Dominique Dyens

Tout semble aller pour le mieux dans la famille Royer: bonne situation, enfants qui réussissent, belle maison dans une belle petite ville chic de région parisienne, pourtant, Nathalie, la mère de famille est au bord de l’implosion. Dans son milieu extrêmement guindé où la bonne éducation est de rigueur, elle rêve d’un amant et n’a pas réglé de vieux démons qui rôdent autour de la chambre d’un enfant définitivement fermée. Son mari feint de ne rien voir…

Leur fils Grégoire, parti aux Etats-Unis, revient bouleverser ce microcosme quand il annonce son mariage avec Gala, une jeune fille rencontrée là-bas. A sa rencontre, Nathalie a un mauvais pressentiment, persuadée que cette jeune femme est dangereuse, au point de développer une véritable paranoïa.

Bien des choses m’ont agacée dans ce début de roman où le milieu bourgeois est décrit avec moult clichés du genre qu’il en devient une caricature de lui-même, très réussie pour le coup, avec ses codes, artifices, apparences, mentalités obtuses. Heureusement il y a Amélie l’adolescente de la famille, critique, clairvoyante et plus terre à terre, qui apporte un peu de vie et de fraîcheur dans ces murs étouffants. Mais les dés sont lancés: le décor social s’est mis en place pour vite laisser planer le mystère de cette chambre close interdite à tous: quel drame Nathalie et son mari ont-ils donc vécu?

Et quel lien ce drame a-t-il avec Gala, sa future belle-fille qui la rend littéralement folle?

Le roman si lisse au départ bascule rapidement dans le thriller psychologique, tant pour comprendre ce qui est arrivé à l’enfant vingt ans plus tôt que pour dénouer les secrets de Gala. Et le beau vernis s’écaille de manière angoissante.

Il y a bien un moment où je me suis dit «c’est bon, j’ai compris! (facile)» mais mon hypothèse s’est vite révélée fausse! Je me suis pris une claque qui m’a rappelée à l’humilité bien à propos. C’est à partir de là que l’engrenage bien huilé s’est emballé, et que je n’ai pas pu lâcher ce roman commencé innocemment: les rouages sont brillants, la psychologie complexe et bien étudiée, la fin étonnante jusqu’à la dernière page.

Dominique Dyens fait partie des auteurs que j’aime suivre, et une fois encore elle ne m’a pas déçue.

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