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Dominique Dyens

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Extrait

La cuisine avait été refaite juste avant le passage à l'an 2000. Elle avait coûté 100 000 francs, ce qui, à l'époque, était une somme, mais les Royer avaient les moyens. Sans pour autant posséder cette immense fortune dont quelques-uns sont dotés à la naissance, Nathalie Royer détenait un joli patrimoine familial qu'ils avaient fait fructifier sans jamais avoir eu besoin de toucher au capital. Les revenus du couple étant par ailleurs confortables, les Royer n'avaient donc pas hésité à s'équiper, de même qu'ils avaient entièrement repeint leur maison, de cette cuisine Mobalpa dans laquelle se déroule la première scène du roman. Le décor est assez traditionnel, le couple ayant opté pour un classicisme à l'italienne, mais la pièce est conviviale. C'est ici qu'ils prennent leurs petits déjeuners.
Si l'on effectue un zoom arrière, on constate qu'un salon et une salle à manger attenante sont également situés au rez-de-chaussée de cette maison de maître qui date de la fin du XIXe siècle. Les meubles sont essentiellement d'époque Louis XV, commode en marqueterie de fleurs, petites tables en chiffonnière dans les coins et pendule rocaille sur le manteau de cheminée. Cependant, hormis deux sièges et deux bergères sculptées, les Royer ont choisi des canapés en cuir de chez Roche Bobois, plus contemporains et plus pratiques pour recevoir. À l'arrière, l'ancienne lingerie a été réaménagée en un confortable bureau d'une douzaine de mètres carrés.
Le premier étage dessert trois chambres, dont deux possèdent leur propre salle de bains. Légèrement en retrait du palier, un petit escalier mène à une autre porte, probablement une quatrième chambre. Mais elle est toujours fermée à clef et il semble que personne n'y aille jamais.
Sur Google Earth, on voit que la maison est située dans le triangle d'or d'une ville résidentielle et huppée des Yvelines, voisine de Saint-Germain-en-Laye mais cependant beaucoup plus petite. La plupart des habitants se connaissent, et souvent d'une génération à l'autre. Car quand on est natif de Bois-Joli, à moins d'un problème grave, on y reste toute sa vie.
Dans cette agglomération, le mandat du maire UMP est reconduit sans heurt depuis une vingtaine d'années, il en a été de même de son prédécesseur RPR, et le taux de fréquentation de l'église est nettement supérieur à la moyenne nationale. Bien que d'esprit très français, Bois-Joli s'est développé en s'inspirant du modèle sociétal anglo-saxon. L'efficacité de ses oeuvres de charité et la variété de ses clubs privés en témoignent. Lorsque, au milieu des années 1980, des entreprises européennes et américaines de technologies de pointe ont investi la région, un lycée international a été implanté dans la commune voisine. Depuis, le nombre d'expatriés n'a cessé de croître.

 

Lecture d'un extrait par Dominique Dyens

Enregistré aux éditions Héloïse d'Ormesson